|
Salon du livre et fête votive
|
Succès pour la deuxième édition du Salon du livre de Saint Sauveur de Peyre
Deux débats forts : l’Europe d’Otto de Habsbourg et les animaux sauvés de l’extinction dans les parcs de Lozère.
Inviter dans le petit village de Saint Sauveur de Peyre (259 habitants) un monstre sacré de la politique internationale tel l’archiduc Otto de Habsbourg Lorraine était une gageure. Mais l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie et ancien député européen s’est étonnamment bien remis, à 95 ans, d’une maladie qui l’avait terrassé ces dernières semaines. Il est venu au rendez-vous fixé par Jean-Paul Picaper qui le connaît depuis vingt ans et avec lequel il vient de publier leur deuxième ouvrage écrit à quatre mains, « Le nouveau défi européen ». Ce livre compte déjà parmi les best-sellers politiques de l’année puisque les Editions Fayard qui l’ont publié, procèdent à des retirages. Aussi bien son altesse impériale avait-elle fort à faire à signer des exemplaires après avoir fasciné par la pertinence de ses avis sur l’Europe et le monde un public venu nombreux au Salon du livre que M. Picaper, Palois d’origine, et son épouse lozérienne Monique organisent chaque année dans cette lumineuse commune de Saint Sauveur avec le soutien de la Municipalité, du Foyer Rural, et du Conseil Général.
Chef d’une « tribu » de 7 enfants et de 22 petits-enfants, accompagné de son petit-fils Baltasar de Casanova, un jeune Catalan qui se destine à la profession agricole, Otto de Habsbourg a donc porté la bonne parole de l’Europe sur le Chemin de Saint Jacques qui longe le Roc de Peyre. Après avoir apprécié l’aligot chez Camillou et fait un détour par Vichy, cité capiteuse où il donnait jadis, dans l’après-guerre, chaque été une conférence, l’hôte de marque est entre-temps reparti pour Budapest où il était l’invité d’honneur de la fête nationale, la Saint Stéphane. Les Hongrois lui avaient proposé, après la chute du rideau de fer, la présidence de leur république, mais il avait refusé, pour continuer à plaider la cause de tous les pays du Centre Europe et d’Europe de l’Est dans l’Union Européenne. Les deux grands bonheurs politiques de sa longue vie ont été, dit-il, la chute du IIIème Reich en 1945 qui a séparé l’Autriche de l’Allemagne ainsi que la chute du Mur de Berlin en 1989 qui a permis l’intégration des pays de l’Est dans l’UE, des objectifs auxquels il avait travaillé inlassablement, échappant à la tentative d’assassinat par Hitler et s’attirant les foudres des communistes néo-staliniens.
Un « fonctionnaire sauvage »
Ce qui n’empêche pas cet homme pour qui la grande politique eut d’emblée le goût du lait maternel, d’avoir des amis partout, y compris parmi les grands de ce monde qu’il a tous connus, du Maréchal Lyautey à Charles De Gaulle, de Roosevelt à Churchill, estimé qu’il est par dans tous les clans et partis pour sa sagacité et sa sérénité. « S’il existait un club des dix hommes les plus courageux de la planète, Otto de Habsbourg en ferait partie », a déclaré un jour l’ancien chef des services secrets français Alexandre de Marenches. Le catholique Habsbourg, en fait, n’a d’autre allié que Dieu dont il attend le verdict dans l’au-delà, ce qui lui donne un recul considérable par rapport aux avatars du quotidien, affirme-t-il. Tourné vers l’avenir, il ne se sent pas plus lesté par le passé millénaire de sa dynastie que par ses souvenirs tragiques d’un XXème siècle qu’il a vécu de bout en bout. Et son humour n’épargne personne, surtout pas Vladimir Poutine qu’il a qualifié de « fonctionnaire sauvage », en déplorant la récente réforme des livres scolaires russes d’où l’on a éliminé la critique de Staline. Pour lui, les buveurs d’eau, comme Poutine et Hitler, sont « dangereux ». « Le vin fait est essentiel pour l’homme, sinon notre Seigneur Jésus Christ n’aurait pas transformé l’eau en vin, mais le vin en eau ». Rires de l’assistance…
Nicolas Sarkozy, lui a-t-on dit, ne boit pas d’alcool : « Il en guérira », réplique Habsbourg qui mise beaucoup sur le nouveau président français : « Moi qui voyage beaucoup, je remarque que depuis peu on parle partout de Paris avec respect, que l’on observe attentivement ce qui s’y fait ». « La France et l’Europe se réveillent », souligne-t-il. L’Union méditerranéenne qu’envisage M. Sarkozy est une des vieilles idées de Habsbourg, développées dans son livre, avec un Maghreb et une Turquie arrimés à l’Union Européenne dans le cadre d’un « partenariat privilégié », mais sans accéder au statut de membres. Bref, Habsbourg, c’est l’Europe. Aussi parle-t-il couramment sept langues européennes, plus le latin et possède-t-il quatre nationalités. Son très beau français il le doit à sa mère, l’impératrice Zitta qui était une Bourbon-Parme. Ce fut donc dans la salle des fêtes de Saint Sauveur en présence des conseillers généraux Alain Astruc et Pierre Hugon une prestation exceptionnelle que beaucoup regrettaient de n’avoir pas enregistrée ou filmée.
Les bêtes du Gévaudan
Divers auteurs étaient venus « plancher » à ce Salon du livre qui s’appellera l’an prochain à sa troisième édition « Les journées du livre » en raison de l’ampleur qu’il prend peu à peu.
On y a rencontré Christian Laborie, le célèbre romancier des « drailles », Bernard Storch (« Une semaine pour renaître », Editions DiversGens) et Jacques Payen, qui ont relaté leurs souvenirs émouvants d’« enfants de la guerre », Jean-Claude Dana, auteur d’un roman dont le héros est victime d’un « implant » comme dans la série télévisée estivale « Mystère », Catherine Gravil qui a questionné d’éminents intellectuels sur Dieu, et François Giraud qui met en scène dans son roman en deux tomes « Fatima » (Editions Pax in Terris) une musulmane révoltée contre l’islamisme militant, sans oublier les jolis poèmes de Léon Bourrier chantés en l’Eglise de Saint Sauveur par Philippe Vialard, et puis Ghislaine Laville, relieuse de livres.
Mais le deuxième temps fort de cette fête culturelle fut le débat avec le public des responsables animaliers des parcs de Lozère Alexis Amarger (la Maison de l’aurochs du Giraldes), Alain Gstalter (les Bisons de Ste Eulalie en Margeride), Sylvain Macchi et Audrey Prucca (Les loups du Gévaudan à Ste Lucie) – sans oublier les chevaux de Przewalski du Causse Méjean. Au cœur du débat le livre « Passion Animaux – Du Gévaudan au Brandebourg »* (Editions DiversGens), rédigé par Jean-Paul et Monique Picaper, donne des réponses et pose encore plus de questions aux experts ci-dessus et à d’autres zoologues de notre continent.
Le sujet a captivé curieux et touristes mais aussi les agriculteurs de la région. Non sans évoquer la protection des ovins contre les prédateurs et la réintroduction problématique de l’ours dans les Pyrénées, on a discuté ferme deux heures et demi d’affilée pour apprendre mille choses peu connues sur ces animaux datant de la préhistoire que des parcs naturels protègent et font ressusciter et qui sont les grands-parents ou les grands oncles de nos bovins, chiens et chevaux. Il fallut se séparer, non sans regrets, car ces thèmes fascinent et sont d’une grande actualité.
* En vente dans les parcs animaliers de Lozère, chez Chaptal et Raynal à Mende, à La Plume d’Or à Saint Chély, à Papyrus à Marvejols et à l’Office du tourisme d’Aumont.
|
|
16h – 17 h 30 : Christian Laborie, historien et romancier, présentera ses romans : « L’Arbre à palabres », « L’Arbre à pain », « Le Chemin des larmes », « L’Appel des drailles », « Les Drailles oubliées », « Le Secret des terres blanches »et « L’Arbre d’or » (Editions Borie).
20 h 30 : concert de Philippe Vialard, chanteur occitan reconnu, en l’église du village. Réservation au Bar du Roc à St Sauveur de Peyre ou à la Maison du Tourisme d'Aumont-Aubrac.
Samedi 18 août :
10 h à 12 h 30 : Tribune et débat avec le public sur la sauvegarde dans des zoos et
des parcs animaliers d'espèces animales menacées, avec la participation d’Alain Gstalter (Parc aux bisons de la Margeride), Sylvain Macchi et Audrey Prucca (Parc aux Loups du Gévaudan), Alexis Amarger (Maison de l’Aurochs du Giraldes). Avec des posters animaliers et le livre « Passion Animaux » (Editions DiversGens).
14 h 30 : Bernard Storch, enfant de la guerre, fils d'une Allemande et d'un prisonnier de guerre français racontera, à travers son livre « Une Semaine pour renaître, un demi-siècle pour savoir » (Editions DiversGens), comment, pendant des décennies, il a cherché et enfin trouvé ses deux familles en Allemagne et en France.
16 h : François Giraud, Prix International de la paix de l’UNESCO et Prix Servir du Rotary International, présentera son roman d’anticipation en deux tomes « Fatima » sur les problèmes d’une jeune musulmane confrontée à l’intégrisme islamiste.
.Pendant tout le salon : photos, livres, poèmes et chansons d’auteurs du Languedoc-Roussillon, Norbert Abadie, Wolf-Rüdiger Boenkost, Léon Bourrier, Jean-Claude Dana, Bernard Martinet,et de métiers du livre, comme la reliure, par Ghislaine LAVILLE.


|
|
et les festivités sont loin d'être finies puisqu'elles se sont poursuivies avec la fête votive
Dimanche 19 août :
10-12h: Ball-Trap
12h30: Repas festif Cochon grillé / Aligot
à partir de 15h: Ball-Trap, Démonstration de Danse Country, exposition artisanale, concours de vélo fleuri pour les enfants, et jeux divers (quille, bowling...)
19h: apéro gratuit suivi d'un repas froid avec tirage de la Tombola
Dimanche soir: 22h 30 Feu d'artifice, suivi du Bal Disco gratuit avec Phénix
FIN
|
|
|